Jeudi 30 décembre 2010 4 30 /12 /Déc /2010 23:29

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L'enfant court

Il ne sait pas où il va

Il court

Dans un espace,

 

Qui ressemble à une plage

Qui ressemble à une page.

 

L'enfant court

Mais il n'a plus de jambe

Elles lui ont été arrachées

Il y a longtemps...

 

L'enfant court

Il est en retard

Il n'a plus de temps

Il n'a plus de souffle.

 

L'enfant court,

Court,

 

Pour toujours dans la tempête

Dans les voiles et les vols

Le soufre et les branches d'arbre.

 

Il se cache

Son visage est sans os

Sa peau est si bleu

Son coeur est si beau.

 

Il se cache

Il n'a pas de rêve

Il regarde les étoiles

Et y voit des yeux

 

Il regarde la galaxie

Et y voit l'adieu.

 

Il dessine une larme

Du bout de son pouce,

 

 Voyage une vague

Du bout de sa bouche.

 

C'est si doux

Les nuages

Ca ne parle pas

Ca ne touche pas

 

Ca protège, ça neige

Ca reste là-haut

De toute éternité.

 

L'enfant court

Parce qu'il ne sait pas voler.

 

"Apprends.moi!

Grand ciel,

Donne-moi le vent

Et j'en ferai de l'air

Donne-moi le temps

Et j'en ferai une mer!"

 

 

Mais le ciel se tait

Car il est tard

Et voilà la nuit.

 

On ne parle pas

Quand les arbres s'endorment

On ne parle pas

Quand les montagnes se tombent,

On se tait, on s'en va,

On rentre à la maison

 

Et on meurt.

 

 

On se tait, on s'en va

On rentre à la maison

 

Et on dépose des fleurs

En la mémoire du jour

 

Et on dessine des coeurs

En mémoire du sang

 

Des sourires, des soupirs

Des traces de joie

Des pas de toujours,

 

 

On dessine l'amour,

Petit enfant,

 

Pour que le jour revienne.

 

 

 

 

 

 

 

Par anastassja
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Dimanche 12 décembre 2010 7 12 /12 /Déc /2010 19:56

 

 

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La substance qui te porte

N'est pas une porte

Elle n'est pas un miroir

Elle n'est pas une morte,

 

 

Elle est plus que le noir.

 

 

La substance qui te porte

N'est pas une route

Elle n'est pas une pierre

Ni un arbre, ni un corps

 

Elle est plus que l'enfer.

 

 

La substance qui te mange

Qui rentre dans le bain

Dans le ciel de l'enfant

Dans la peau de tes seins.

 

Elle est plus que le mal

Que les flammes qui brûlent

Que les sabres qui crèvent

 

C'est le cannibal.

 

 

Ce n'est pas à toi

Ce n'est pas à lui

 

Ce n'est rien de tout cela

Et cela coule comme la vie.

 

La substance qui te porte

N'est pas une cloche

N'est pas une place.

 

Je vais à la fenêtre

Mais je ne vois plus de trace.

 

Cela n'a pas de nom

Et tu n'as pas le droit

De dire sa terre.

 

Cela n'a pas de nom

 

 

Et tu devras te taire.

 

Ce n'est pas à toi

Ce n'est pas à lui

 

Ferme les yeux

Et va-t-en te cacher

Au bout de la vie.

 

Cela n'a pas de nom

Ni d'odeur, ni de saveur

 

Cela ressemble

 

 

A la fleur qui meurt

Les pétales qui tombent,

A une vie de bonheur,


Qui dit au revoir au monde.

 

 


 

 

 

 

 

Par anastassja
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Mardi 7 décembre 2010 2 07 /12 /Déc /2010 01:27

Un jour

 

 

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Mon corps sera nouveau

Il sera blanc et pur

Il n'aura plus mal

Et il croira en la vie.

 

Il sentira la vérité

Et la tombée du jour

Il regardera le monde

Et n'y verra pas une tombe.

 

Il ne volera pas comme un oiseau

Il ne dira pas que tout est beau.

 

Il souffrira mais sentira la lumière

Pleurera non du sang

Mais des océans et des mers.

 

 

Peut-être est-il trop tard maintenant,

Que tous les morts

Sont dans mon corps.

 

 

Qu'il faudra mourir bien trop tôt.

 

Qu'il faudra fermer les yeux

Dire adieu

Rendre les armes

Et ne pas trembler.

 

Juste abandonner les larmes

Ne plus retenir les monstres

Les bêtes et  les larves,

 

Et les ports,

 

Peut-être

 

Et voilà tout

 

 

J'aurais voulu être une artiste

Une grande peau

Qui sent la douceur des fruits

 

 

J'aurais voulu vivre la chair

Un lieu où passe l'amour

Et la lumière

La prière et la passion

 

le corps et la raison.

 

J'aurais voulu ne pas en mourir

De cet homme infâme

De cette langue du diable,

E que je me souvienne du temps,

 

De l'enfant si lointain et rêveur

Qui croyait au pain et aux fleurs

Qui aimait la justice et le blanc

 

 

Qui aimait les gâteaux et les farces

Les petits arbres et les limaces.

 

 

Aujourd'hui grand Dieu

Voici ma prière

Avale ma parole,

 

Et rends-moi mes jambes

Mes seins et mon derrière.

 

 

Papito bonito

Entends ma prière.

 

 

Avant que la nuit n'arrive

Que la terre ne s'endorme

Que l'herbe ne me recouvre

Me donne le sommeil éternel


La coupe du vin et la tranche de pain,

La coupe du monde et l''immense ravin.

 

 

Voici mon corps grand Dieu

Que tu as pris

 

Voici la fin dans le début

 

Les miettes de mon rêve,

La fille de la rue

Sans culotte

Sans menotte

Sans manière.

 

 

Juste nue et saccagée,

 

 

Voici le corps

 

 

Rends-moi la vie et la destinée.

 

 

 

Que mes yeux puissent

S'éteindre pour toujours

 

 

Regarder le ciel

 

Entendre, voir, vivre,

 


Que ma peau soit ton nuage

 

 

Que rien ne soit ni beau ni sage.

 

Que je puisse fermer les yeux

Sans craindre ni terreur

Ni horreur,

 

Que je puisse mourir dans un champ.

 

 

Sans que les oiseaux ne viennent mordre

Et arracher la viande

Sans que les chevaux ne viennent

Heurter,

Le tas d'objet

La table d'os

Les ciseaux en jambe

Les yeux en amande.

 

Sans que cela ne ressemble à de la couleur.

 

 

Que je puisse partir avec la terre

Juste un peu de terre.

 

Que ma nuit là-haut soit longue

Douce, mousse enflammée,

 

Que j'y bois de l'eau d'étoile

Des fleurs de bateau

Des mots en forme de bal.

 

Que je puisse boire l'eau

Et toucher la lumière

Croire en une peau


Aussi grande que l'espoir.

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par anastassja
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Lundi 6 décembre 2010 1 06 /12 /Déc /2010 16:40

Mains

 

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Ce ne sont pas des mains d'altesse,
De beau prélat quelque peu saint,
Pourtant une délicatesse
Y laisse son galbe succinct.

Ce ne sont pas des mains d'artiste,
De poète proprement dit,
Mais quelque chose comme triste
En fait comme un groupe en petit ;

Car les mains ont leur caractère,
C'est tout un monde en mouvement
Où le pouce et l'auriculaire
Donnent les pôles de l'aimant.

Les météores de la tête
Comme les tempêtes du coeur,
Tout s'y répète et s'y reflète
Par un don logique et vainqueur.

Ce ne sont pas non plus les palmes
D'un rural ou d'un faubourien ;
Encor leurs grandes lignes calmes
Disent : " Travail qui ne doit rien. "

Elles sont maigres, longues, grises,
Phalange large, ongle carré.
Tels en ont aux vitraux d'églises
Les saints sous le rinceau doré,

Ou tels quelques vieux militaires
Déshabitués des combats
Se rappellent leurs longues guerres
Qu'ils narrent entre haut et bas.

Ce soir elles ont, ces mains sèches,
Sous leurs rares poils hérissés,
Des airs spécialement rêches,
Comme en proie à d'âpres pensers.

Le noir souci qui les agace,
Leur quasi-songe aigre les font
Faire une sinistre grimace
A leur façon, mains qu'elles sont.

J'ai peur à les voir sur la table
Préméditer là, sous mes yeux,
Quelque chose de redoutable,
D'inflexible et de furieux.

La main droite est bien à ma droite,
L'autre à ma gauche, je suis seul.
Les linges dans la chambre étroite
Prennent des aspects de linceul,

Dehors le vent hurle sans trêve,
Le soir descend insidieux...
Ah ! si ce sont des mains de rêve,
Tant mieux, - ou tant pis, - ou tant mieux !

Par anastassja
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Jeudi 2 décembre 2010 4 02 /12 /Déc /2010 09:55

 

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Il prendra le temps

De s'installer en moi

Et de me prendre le ventre

D'attendre la tombée du jour

 

Et qu'il n'y ait plus rien

 

Pour me faire l'amour

Ou me brûler les seins.

 

Il prendra le temps

Et aimera ressembler

Aux flammes

 

Manger des vers

Et se nourrir de femmes.

 

 

Il prendra le temps

De disparaître

N'être plus une main

 

Mais peut-être un rêve.

 

Un rien, un verre à whisky

Une incantation de bar.

 

 

J'aimerais qu'il disparaisse

Toucher son corps

Et avaler sa laideur

Dans la robe de ma paume

 

Manger sa tombe

Poser une bombe

Dans ses yeux en forme de coeur.

 

 

Mais il est tard, petite fille

Qu'as-tu oublié là-bas?

Pourquoi n'as-tu pas soutenu mon bras

Fermer mon sourire?

Retenu ma joie


Dans ce qui parlait le diable

Et faisait mes lacets

Touchait une femme

Dans un corps de pain.


 

Ta vie est une farce

Il est temps qu'elle éclate

Et se prostitue

Qu'elle donne son corps

A ceux qui l'ont déjà eu.

 

 

Ta vie est une farce

Grande comme une main

Belle comme une claque

 

 

Belle comme le rien

L'enfant aux jambes coupés.


Grande comme ma flamme

Qui aujourd'hui

Et pour des siècles et des siècles

 

 

Touchera une terre

Qui parlera une prière,

Chantera la mort,

Et l'horreur

 

 

Pour tous les pères et les mères.

 

 

 

Grande comme une flamme


Qu'aujourd'hui j'aille là-bas

Que j'y retourne chaque jour

Et chaque seconde

Mourir en lui et en elle

 

Pour toute l''éternité,

 

 

Reprendre les ailes

si fines et si blanches

 

 

Qu'un homme, un jour m'avait ôté.

 

 

 

Par anastassja
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